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Au fil de l’actualité (mai 2017)

Au fil de l’actualité (mai 2017)

Au fil de l’actualité (mai 2017)

 

La Turquie dans un engrenage sans fin ?

 Erdogan a choisi sa stratégie. Malgré une emprise forte sur le débat électoral, notamment sur les médias, il n’a obtenu qu’une faible approbation sujette à caution, a son désir d’une « hyper-présidence ». Mais il a désormais à sa disposition, l’accroissement substantiel de son pouvoir. Et il entend poursuivre son désir d’autocratie. Il continue à embastiller à tour de bras, y compris sur de simples soupçons d’accointances. Il bénéficie de la dynamique d’un pseudo putsch d’opérette dont on ne connait pas vraiment les initiateurs.

L’opinion suit son leader car elle réclame un régime fort. Le peuple ne s’inquiète pas tant que son emprise ne l’atteint pas de près. Phénomène populaire bien connu du « il n’y a pas de fumée sans feu ». En clair, les milliers de personnes dans les geôles de l’Etat, en attente de procédures judiciaires, ont sûrement des « choses inavouables «  à se reprocher. Cela permet à ceux qui n’ont pas été jusque-là directement concernés de se coucher le soir sans une trop mauvaise conscience.

Erdogan, s’inscrit dans une logique de toujours plus de pouvoir. Son référendum à venir pour l’instauration de la peine de mort élargira encore son emprise sur tous ceux qu’ils considèrent comme ses adversaires. Il continue ainsi à miser sur les instincts primaires. Il dispose ainsi d’une méthode radicale pour mettre sous son joug le peuple turc.

De la même manière, cette Turquie si exemplaire de s’être libérée de la tutelle intégriste, retrouve sous sa férule, la réapparition de l’emprise religieuse comme instrument de la soumission au chef politique mais aussi désormais religieux. Une interrogation demeure. Jusqu’à quand une majorité même restreinte lui permettra-t-elle sans scrupule de ramener son pays à un passé qu’on croyait révolu depuis des décennies.

Pour l’heure, Erdogan joue sur tous les tableaux pour mettre la démocratie au rang d’une illusion ! Donald Trump, sans doute jaloux d’être plus impuissant, a applaudi des deux mains car il porte le même rêve ! Pas de pot pour lui, les contre-pouvoirs de la démocratie américaine sont autrement plus conséquents, sans oublier la part de souveraineté disponible au niveau des cinquante Etats de l’Union. Par ailleurs, le peuple peut encore compter sur une partie de la puissance médiatique, celle qui a conservé son indépendance vis-à-vis des affairistes ! On attend par ailleurs, avec une grande impatience, une Europe un peu plus « trempée » dans ses valeurs républicaines, capable de faire contrepoids au totalitarisme Erdogan !

Dernier duel à l’épée… Des élus encore en acier trempé !

Gaston Defferre était sorti de la guerre les armes à la main. Il avait mis ensuite son emprise pendant plusieurs décennies sur la ville de Marseille. Le quotidien « Le Monde » a ressorti à l’occasion des élections en France, une belle image d’archives. Le dernier règlement de compte à l’épée entre élus. Face-à-face entre le maire de Marseille de l’époque, Gaston Defferre et un élu local qui tenait à régler son différend à l’épée. Quelques gouttes de sang avaient fait arrêter le combat, emporté de haute lutte par le maire de Marseille.

En fait, celui-ci maniait les armes à feu mieux que l’épée. Et sa « poigne de fer » l’a toujours accompagnée dans sa carrière politique. Il était clair dans la capitale phocéenne qu’il fallait faire allégeance au « patron de la ville » sinon quitter Marseille sous peine de menace à peine voilée. Il a régné en maître pendant des décennies.

Lucide et volontaire, résistant, Gaston Defferre avait pris soin au sortir de la guerre, de maîtriser la presse locale de droite et de gauche – positionnant le Méridional dans une « droite dure » et Le Provençal dans une gauche ouverte soit – disant « socialiste », tout en confiant une part médiatique congrue au quotidien « La Marseillaise » lié au Parti Communiste.

D’ailleurs, lorsque François Mitterrand dirigeait la France, Gaston Defferre, à l’époque ministre de l’Intérieur, avait clairement dénoncé la décision du Président de la République d’abolir la peine de mort en l’affichant dans « ses » quotidiens locaux. Dans le Méridional, l’éditorialiste prenait très explicitement parti contre l’abolition. Pour « La Provence », journal des patriotes socialistes, il fallait prendre position de manière plus stratégique. Sans mot sur sa « une » sur le thème, il affichait simplement six truands aux mines patibulaires, valant prise de position plus qu’implicite ! La Marseillaise, quotidien communiste, peu lue, avait pu se positionner, paradoxalement, dans le soutien à l’initiative mitterrandienne ! Rappelons-le, Badinter avait forcé à l’époque quelque peu la main du Président de la République

Présidentielle, au goût d’inachevé…

Rendons à « César » ce qui lui appartient… A propos des futures élections à la présidentielle en France, Mme Fressoz dans le quotidien « Le Monde », titrait « l’inachevé d’une campagne ». Il a, même en fin de campagne, sa pertinence. De fait, nous sommes face à une carence des partis politiques. Ils s’effondrent sur eux-mêmes. Ils ne sont plus lieux sources, ni ressources. Les citoyens s’en écartent. D’où la faillite des primaires et des débats en lien avec la présence d’un cartel de candidats peu crédibles aux yeux de l’électorat pour une présidentielle. D’où l’instillation du doute dans les têtes. D’où la possibilité pour MLP, pourtant « repoussoir », de rester un atout (mal) heureusement pour certains !

Prenons aussi conscience que les électeurs et électrices ne sont pas en reste de « décrépitude » ! Même les lecteurs du Monde ne savent même plus où ils habitent ! Ils peuvent ainsi, sans crier gare, prétendre tout de go que leur quotidien apporte « un soutien indéfectible à la candidature Macron. Ils se gardent bien d’en apporter une preuve tangible.

Bien entendu, tout quotidien est sous-tendu par une grille de lecture des événements. Mais, précisément, la rédaction du Monde est et reste « sourcée » depuis ses débuts au cœur de la « résistance » au nazisme avec une imprégnation protestante, signe de citoyenneté et de valeurs républicaines. Par rapport à d’autres rédactions plus idéologiques ou plus soumises au pouvoir du capital, « Le Monde » demeure un journal de référence, adossé à une ouverture d’esprit, d’intelligence et de prise en compte des valeurs républicaines qui le protège de partis pris sans nuance ! La rédaction a réussi à maintenir son indépendance par rapport aux pouvoirs de l’argent. Mais il ne suffit pas toujours de lire un quotidien de référence pour se garantir de tout emprise primaire voire idéologique !

Le système institutionnel de la Ve République a par ailleurs permis une stabilisation politique et des basculements qui modifient les majorités et donc des minorités sans excès de rupture de continuité de notre démocratie. Le passage du septennat au quinquennat offre au peuple une fréquence de régulation démocratique plus conséquente. Par ailleurs, face à un pouvoir politique fort, les contre-pouvoirs sont essentiels. Justice, pluralisme de l’information, possibilités de contestation, grèves, manifestations ont de larges possibilités d’expression même si le « parfait » n’existe pas. Malheureusement, les candidats malmenés par les contrepouvoirs, notamment la Justice, tentent de se justifier en les mettant en accusation à bon compte. Pour faire croire à leur innocence, ils les fragilisent, rendant service à ceux qui tentent d’attirer les suffrages en jouant sur les peurs, les collusions, les manipulations de toutes sortes.

In fine, le bon fonctionnement d’un système institutionnel dépend de la citoyenneté des électeurs autant que des élus. Aussi, le ressort caché d’une perception négative institutionnelle est à chercher de fait dans une double carence, celle des élus et du peuple. Cela relève de la nature humaine elle-même. Nous sommes des êtres par nature « partagés », signe clinique, si on y réfléchit, de notre liberté humaine. Entre une aspiration à grandir et à porter du fruit au sein de la société et une inclination à satisfaire ses égoïsmes, à calmer ses peurs, à chercher une forme de reconnaissance ou à obtenir des privilèges, avoir du pouvoir sur les autres. Faute d’un travail sur soi, nos dérives l’emportent. D’où la sensation d’une fin de cycle, liée d’une part à la décomposition de ceux qui cherchent nos votes, les élus potentiels et d’autres part, ceux qui attendent de se laisser séduire pour des raisons avouables ou non.

Prenons conscience qu’il est plus facile de mettre en accusation nos élus que nous mêmes comme électrices ou électeurs. De fait, les uns et les autres dérivent sauf à réactualiser nos potentiels de citoyenneté ! Mais ceux-ci sont endormis voire enterrés depuis belle lurette. Il faut donc trouver des énergies qui se mobilisent pour rénover nos systèmes de réflexion sur le champ du politique.

Au chantier d’acteur politique à réinitialiser, il faut donc ajouter celui de l’électeur. Il devrait aussi travailler son rôle… Quel intérêt porte-t-il à la communauté nationale ? Est-il essentiellement tourné sur lui-même ? Quelles sont ses valeurs et sont-elles mobilisées pour l’intérêt public ? Quels sont ses enkystements nourris par son éducation et/ou par ses souffrances ? Comment a-t-il pu s’en libérer ou au contraire s’y laisser enfermer jusqu’à éprouver, par rancune consciente ou non, une certaine jouissance du mal-être de l’autre, d’un groupe social particulier ?

Où de tels questionnements sont-ils travaillés ? Ni dans nos quotidiens, ni dans le tissu associatif sauf exception, encore moins dans les « appareils politiques »… Pourquoi, dès lors, poser des exigences à nos candidats en recherche de mandats si nous ne sommes nous mêmes pas capables d’analyser les sources de nos exigences, de nos revendications, voire même de nos parti-pris, de nos revendications, de nos espérances impossibles ?

Prochain mandat présidentiel… Risque maximal

Le duel Macron – Le Pen ouvre une séquence inédite. L’arrivée d’un novice à la tête de l’Etat. Les partis « référents » en miettes. Même le FN s’avère plus fragmenté qu’il n’y paraît, même s’il demeure pourtant encore en progression, et annonce un possible accès au pouvoir. Il y faudrait des circonstances pour l’heure encore improbables. Mais jusqu’à quand ? Seul espoir à court terme, des législatives ouvrant à une Assemblée Nationale « régulatrice » ayant un peu plus de maturité avec quelques leaders politiques capables de nourrir et donc d’enrichir le débat public. Et une implication plus régulière du peuple à la politique.

Les primaires devaient régler les conflits internes aux partis. La sélection a oublié la notion première de la crédibilité à la fonction présidentielle. Le mieux équipé, hors dimension partisane, François Fillon a éclaté en vol. Benoît Hamon aurait pu mais pesait trop peu comme si, en lui, la partie adolescente n’était pas encore achevée.

MLP provoque toujours plus de rejet que d’attrait, sans compter son absence de maturité dévoilée par le débat des prétendants. Restaient Mélenchon et Macron. Le premier avait l’envergure mais une posture à l’emporte-pièce trop aléatoire. Finalement le petit dernier, jeunot, ne faisant pas ses 39 ans, avec une verve « subjuguante » a pris le dessus de peu. Les partis paient de fait leurs erreurs de casting.

 Désormais, après l’élection prévisible d’Emmanuel Macron, les législatives seront décisives pour le sort du quinquennat. Aux dernières nouvelles, Les Républicains vont s’inscrire dans une décevante continuité car les sarkozystes ont accéléré leur « OPA », persévérant à « replonger dans les affaires et les affres judiciaires » leur appareil politique.

D’autre part, le PS va-t-il jouer la facilité Macron pour récupérer des strapontins avec comme corollaire l’impasse sur sa rénovation ? Ou parviendra-t-il à s’engager dans une refondation sur des valeurs et une éthique qui lui font gravement défauts s’ouvrant à un futur possible à gauche ? Autant de questions très ouvertes…

Une seule garantie tient encore, la structure fondamentale de l’humain. A une condition que nos valeurs qui nous habitent, soient mobilisées car rien ni personne ne peut les extirper ! (cf « Tous passeurs en humanité », excusez l’auto-promotion). Ainsi, la force de vie dépasse toute détestation et acte mortifère. Bel exemple récent dans notre actualité… Le compagnon de Xavier Jugelé. II n’a gommé ni sa souffrance ni sa peine, concernant son compagnon de vie, mort au service de la République. Dans la cour des Invalides, Xavier Jugelé a été un témoin fort de la qualité de leur couple. Il a affirmé un « je t’aime » qui dépasse la mort. Il a repris à son compte la parole de Leiris « Vous n’aurez pas ma haine » ! Il porte désormais pour deux, la joie de la vie, la nécessité de la dignité en toutes circonstances. Pourtant, à l’assassinat se sont ajoutés les commentaires les plus abjects sur les réseaux sociaux contre les « homos ». Ce couple au pire de l’adversité a su rendre de la noblesse à l’humanité. Merci.

 S’assumer et s’assurer à l’Extrême-Droite, un devoir !

 Les diplômes des « Grandes écoles » n’évaluent ni éthique ni morale. Par contre, ils assurent des carrières plutôt prestigieuses aux revenus conséquents. Ainsi les « trente proches » de MLP sont chargés en diplômes de « hautes écoles » – Ena, Sciences Po, Ecole de la Magistrature… Ces cerveaux « pleins » montrent que la « noblesse affichée » de leur projet « pour une France « propre » n’empêche pas les dérives. Ils entendent collectivement participer au « nettoyage du pays pour le sortir de sa gangue » et « en même temps » comme dirait un président potentiel, on n’hésite pas à plonger dans l’affairisme pour mettre de « l’argent à droite », histoire sans doute de s’assurer des aléas de la vie publique !

Dupont-Aignan « à la soupe » ! A l’heure où le FN se voit contraint de renvoyer une série de présidents FN pour propos antisémite ou pronazi, Nicolas Dupont-Aignan franchit la barrière qu’il s’imposait pour raison de filiation au gaullisme. Il se renie sans coup férir pour « aller à la soupe ». Formule injurieuse certes mais à la mesure de son renoncement à lui-même, à De Gaulle qui doit se retourner dans sa tombe et aux valeurs fondamentales de la République. Sans compter le nouveau coup porté à la crédibilité de la parole politique !

L’excellentissime Trump plus modeste que notre « trumphette » MLP

En manquerait-il ? That’s the question ? Je vous laisse deviner de quoi il retourne. En ne respectant pas le rendez-vous du « Saturday Night Live » à Washington, Donald Trump a renoncé à la coutume de ce temps d’humour où le deuxième degré s’impose. L’excellentissime » aurait pourtant eu l’occasion inespérée de retourner les médias. L’humour ne demeure-t-il pas le meilleur moyen de tuer ses opposants ! Il a volontairement manqué l’occasion d’avoir devant lui, les correspondants médias qui comptent aux USA. Pourtant, en un rien de temps, entre intelligence et humour de feu, il les rendait tout penauds !

Il a en outre une expérience médiatique personnelle bien plus développée que notre Marine Le Pen nationale. Il a longtemps animé un talk-show avec un succès indéniable. Il se targuait d’être le meilleur ! Notre MLP nationale a été en comparaison, beaucoup plus courageuse en acceptant d’affronter son adversaire à la présidence de la République en face-à-face avec des atouts, on l’a constaté, bien inférieurs ! Après son « vol plané » médiatique et son échec électoral, elle devrait tout de même avoir à une « médaille du mérite » même si, en l’occurrence, on se contentera de la lui servir « en chocolat » !

Médias, formation initiale insuffisante !

L’autre, quel qu’il soit, même nos plus proches, garde une part d’inconnu. Et c’est heureux, sinon la transparence complète permettrait une main – mise sur lui. Cela conduit dans le vivre ensemble, à la confiance qui accepte le mystère. Mais entre la part d’inconnu et la « toute confusion sur l’autre » il y a en principe une marge… Pourtant, parfois, nous devons nous confronter à l’incroyable, nous découvrons l’incroyable ! Ainsi, à Yerres, la population croyait bien connaître son maire. Elle lui octroyait l’étiquette de « gaulliste ». La voilà désemparée par son initiative d’allégeance au FN. Avec cet « autocollant » désormais sur leur ville, c’est la honte !

C’est une fois de plus, la preuve que les médias ont à progresser pour mette au jour, une « identité réelle » des élus qu’ils côtoient pourtant régulièrement pour les nécessités de leur métier. Pourtant ils en évoquent les actes et les propos dans la durée. Mais, de fait, ils leur créent une image souvent trompeuse ! Yerres en est une nouvelle preuve. La population est « tombée des nues » !

De même, les journalistes, animateurs du débat pour la présidentielle n’ont pas su se projeter dans l’événement. Or, il suffisait de connaître la manière du FN de débattre quand il s’agit de confronter des projets. Pour masquer son néant, la stratégie du Parti extrémiste consiste à paralyser le débat. Seul enjeu, faire du buzz et surtout ne pas à creuser des idées qui sont de fait, sans socle étayé. Leurs leaders montrent ainsi leurs déficiences quand ils doivent en débattre comme a su le provoquer Emmanuel Macron en conservant sa maîtrise.

Habituellement les leaders FN comblent leurs approximations à la pelleteuse sans souci de prendre en compte la complexité des réalités. Le débat a mis Marine Le Pen a découvert. Le débat aurait pu être plus révélateur encore et donc répondre davantage aux enjeux « présidentiels ».

Mais il aurait fallu imposer pour le débat, un temps d’exposition préalable chronométré, avec possibilité pour les animateurs, professionnels des médias, de couper le micro de l’un ou de l’autre en cas de dérapage aux contraintes acceptées initialement ar les deux camps.

Quand à MLP, comme leader de son appareil politique, elle a trop à faire et en priorité, sur les rapports de force internes au Parti. Sa préoccupation essentielle consiste à garder son leadership. Pour le reste, elle n’est pas dans l’illusion sur l’issue du scrutin comme elle l’a démontré par son manque de préparation. Elle avait donc centré sa prestation sur son niveau d’agressivité à usage externe comme interne. La menace Marion Maréchal focalise sûrement davantage ses énergies. La France « raciste » devra donc attendre encore un peu pour obtenir une alternative « extrême » crédible ! Elle ne mérite donc pas la fameuse médaille en chocolat, proposée au-dessus !

 

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