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Au fil de l’actualité… décembre 2016

Au fil de l’actualité… décembre 2016

Trump… des claques

Donald Trump est pris dans l’engrenage de la personnalité qu’il s’est forgé. De dire n’importe quoi avec culot et aplomb. Pourra-t-il en sortir ? Cela passerait par une thérapie en bonne et due forme. Encore faudrait-il qu’il en exprime la volonté.

Il s’est tellement « vautré » dans le « moi je » avec un entourage acceptant de le supporter en contrepartie d’avantages substantiels. Président des USA, l’affaire s’annonce autrement sauf à financer tous ses interlocuteurs. Ford a dit non sans détour ! D. Trump s’était effectivement octroyé à bon compte le maintien de l’entreprise aux USA alors que celle-ci aurait annoncé sa délocalisation au Mexique… Malheureusement le patron a démenti aussi sec le propos « présidentiel ». Il n’avait aucune intention d’un déplacement logistique de son entreprise. L’ère Trump s’annonce mal barrée !

 

Une belle espérance d’un possible qui semblait inaccessible !

Difficile de rendre compte du rendez-vous récent entre le Pape François et des élus de la région lyonnaise… Certains peuvent se déplacer à Rome pour un bénéfice d’image vis-à-vis de leur électorat… Difficile de clarifier… Les media sont tenus à distance. Les élus renvoient ce qu’ils veulent. Et il y a naturellement une part de discrétion sur les enjeux personnels d’une telle rencontre…

Mais, dans les retours des élus, explicités dans l’édition de La Croix.fr du 1er décembre, j’ai retenu tout de même cette parole substantielle de Vincent Biloa. Ce travailleur social, membre du Parti socialiste exprime en effet un contenu qu’il a intériorisé… « Je suis touché par son message de fraternité, notamment envers les plus vulnérables… Ce Pape rend toutes ses lettres de noblesse à l’Eglise catholique ».

L’élu va ainsi bien au-delà d’une parole de façade. Il prend le risque de se dire en profondeur… Il se « mouille ». Il m’oblige aussi à entendre sa profondeur… « Ces paroles me renvoient à mon propre chemin d’admiration pour François qui ouvre de nouveaux possibles à l’Eglise catholique. Et au-delà, à l’espérance qu’une énorme institution comme celle de l’Eglise catholique peut sortir de ses ornières. Un exemple à suivre pour tous les partis politiques et leurs leaders. »

 

Moins aux pauvres, plus aux riches ! Mieux vaut en rire qu’en pleurer !

La « primaire » a clarifié le futur à droite. François Fillon a été plébiscité avec ses options les plus radicales. L’élite aura ainsi plus de moyens pour conduire l’Etat… Suppression de l’impôt sur la fortune, moins de prélèvements aux entreprises et aux biens capitalisés.

On revient ainsi au classique d’une « caste supérieure » récompensée à la mesure de ses mérites. Car, celle-ci, soucieuse des équilibres budgétaires de l’Etat, redistribuera aux citoyens laborieux, des subsides au compte-goutte avec la rigueur nécessaire !

Les ratés de la promotion sociale sont des poids budgétaires. L’élite, avec intelligence et maîtrise, s’en occupera avec sérieux. Les marginalisés sociaux doivent disposer d’un soutien mesuré « pour ne pas gâcher ». Il en dépend de l’avenir d’un pays inscrit dans la concurrence mondiale qui ne fait aucun sentiment pour les faibles et les nations mal gérées.

La gauche, incorrigible, reste un « avatar » de cette élite. Elle persiste et signe en continuant à faire du « socialisme », c’est-à-dire en dépensant sans compter, faisant fi de tout réalisme. François Hollande n’a-t-il pas été la preuve par neuf des dérives socialistes toujours recommencées !

Avec le retour de la Droite, on revient heureusement à plus de sérieux. D’ailleurs, pour en finir avec une alternance toujours désastreuse, certains invitent à rompre la frontière avec l’extrême-droite afin de restreindre les mauvais effets de balancier entre majorité et opposition, toujours désastreux, pour accentuer la rigueur. Voilà la source du succès d’un François Fillon !

La présidentielle de 2017 doit donc confirmer ce retour au réalisme. Mieux vaut ne pas laisser rêver les faibles, les fragiles, les pauvres. La caste supérieure, bien née, conduite par un François Fillon – dur comme fer – sera soucieuse des plus pauvres mais avec une parcimonie garante de la prise en compte des réalités.

On nous annonce ainsi, aux sons des trompettes, le retour à la période des patrons paternalistes qui prenaient tout en charge, tenant la classe ouvrière sous leur coupe non seulement pour leur bien mais aussi pour l’avenir bien compris de la nation. L’avenir heureux de la classe ouvrière, des populations déclassées, des marginalisés est repoussé aux calendes grecques mais qu’ils ne perdent pas patience… La justice sociale, on y parviendra en fait dans la finale de l’histoire.

 

Pour la Colombie, un espoir de futur…

Le congrès colombien a enclenché la dynamique de paix après plus d’un demi-siècle de guérilla, provoquant la mort de plus de 260 000 personnes… La sagesse l’a emporté sur les désirs de vengeance pourtant bien légitimes au regard des massacres perpétrés sans pitié…

L’enchaînement des violences s’achève grâce à la volonté inébranlable du président Juan Manuel Santos qui a risqué lui-même sa vie en prenant le chemin de la paix pour son pays… Il s’est remis au travail après l’échec d’un référendum cherchant à valider l’accord de paix par la population. Il a obtenu des deux parties qu’elles acceptent de nouvelles concessions.
Il a ainsi validé son prix Nobel de la Paix obtenu quelques mois plus tôt ! Il a ouvert un chemin de vie à son peuple ! Chapeau !

 

A propos des sites anti-avortement

Pourquoi l’Eglise catholique dépérit-elle ? Parce qu’elle perd progressivement de sa substance… Elle doit à temps et à contretemps dire le Christ, serviteur… Au lieu de cela, elle se situe en contre-pouvoir, en posture morale… Elle ne regarde pas ou mal ceux qui se positionnent autrement, c’est-à-dire avec respect, sollicitude, tendresse… Or, tout humain a une dignité intrinsèque… Et l’Eglise ne peut pas s’imposer par des diktats, mais doit demeurer dans l’écoute, dans le respect de l’autre quel qu’il soit, quel que soit son état…

Pour être au service de l’autre, il faut réapprendre à tirer le « fil d’or » qui est au creux de toute personne. Celle-ci, si ce n’est déjà fait, peut ainsi découvrir sa dignité, le respect d’elle-même, sa dimension de liberté dans la relation aux autres, pour s’enrichir des diversités humaines !

Ainsi, l’Eglise catholique a-t-elle à se questionner sur la nature des sites qui s’expriment en son nom… Sont-ils partisans, enfermés dans leurs certitudes ou à l’écoute des personnes pour, dans leurs libertés, les aider à choisir leur chemin de vie qui peut aussi passer, paradoxalement, par leur décision de détruire le début d’une vie…

 

Manuel Valls… Un futur…

L’issue de la présidentielle est jouée. La victoire annoncée. Celle de François Fillon au regard de la dynamique de la primaire « LR ». Elle ne suffira pas à assurer une majorité stable. Mais les ponts levis ont été abaissés depuis longtemps entre Droite et Extrême-Droite à l’école de la « Sarkozy ». Ce scénario a priori personne ne peut l’empêcher sauf à trouver un leader de gauche de haute volée. Le seul, semble-t-il, à avoir cette dimension, Manuel Valls. Il lui reste en apporter la preuve ! Lire ci-après…

Manuel Valls, une certaine envergure…

En tournée en Afrique de l’Ouest du 28 au 31 octobre dernier, le premier ministre français Manuel Valls a publié dans « Le Monde » ce texte depuis Accra, capitale du Ghana.

« Aujourd’hui, dimanche, au cours de ma visite officielle au Ghana, je me rendrai à la Franklin House, comme je me suis rendu à de nombreuses reprises sur l’île de Gorée, au Sénégal. Ces deux parcelles de l’Afrique, ces deux fenêtres sur l’Atlantique, disent toutes deux, avec la même force, la même émotion, la même indignation, ce que fut l’horreur de l’esclavage qui, pendant plusieurs siècles, au nom de l’appât du gain et au mépris de l’humain, a vidé le continent africain de son énergie vitale, piétiné les sociétés africaines, nié des cultures, des savoirs, un patrimoine ancestral.

La traite négrière a été un désastre à grande échelle. Cette réalité doit être rappelée, enseignée, martelée. Il faut toujours rappeler l’enfer de 12 millions d’hommes, de femmes, d’enfants arrachés à la terre de leurs ancêtres pour traverser l’Atlantique, enchaînés, réduits à l’état de bétail, de marchandises. Combien d’atrocités, de viols, de meurtres ! C’est un crime contre l’humanité. La France l’a pleinement reconnu par la loi du 21 mai 2001, dite loi Taubira.

Il faut toujours rappeler la réalité des crimes. Il faut aussi rappeler la dignité d’un combat. Celui de ces esclaves insurgés qui cherchèrent à briser les chaînes qu’on voulait leur imposer. Ils s’appelaient Frederick Douglass aux Etats-Unis, Toussaint Louverture en Haïti, Louis Delgrès en Guadeloupe, et sont encore aujourd’hui des exemples pour tous ceux qui se battent contre l’injustice et pour la liberté…

… C’est la tâche des historiens de restituer la nature, la profondeur des crimes, comme la réalité des combats vers l’abolition. C’est aussi la tâche des historiens d’éclairer dans toute sa complexité la réalité de l’esclavage, sans omission, ni simplification, c’est-à-dire en évoquant, bien sûr, la traite atlantique et le commerce triangulaire, dans lesquels l’Europe a une lourde responsabilité, mais aussi les traites saharienne, océan-indienne. La réalité des faits, toujours la réalité des faits qui permet de faire vivre la mémoire.

Cette mémoire de l’esclavage est au cœur de la conscience de l’Afrique. Elle vit dans des lieux où chacun peut se recueillir. Sur le continent africain mais aussi dans ces lieux que la France abrite : le Mémorial de Nantes, le Musée de Bordeaux, le mémorial ACTe de Guadeloupe. Chacun d’eux dit avec force l’horreur de l’esclavage et le devoir de se souvenir.

La mémoire ne doit pas désunir. Elle doit au contraire refermer les fractures et rassembler, dès lors que l’on fuit ce penchant terrible de la concurrence mémorielle, de la hiérarchie, de la comparaison entre les souffrances des uns et les malheurs des autres. Toutes les pages sombres de l’histoire de l’humanité doivent être dénoncées dans leur singularité. Nous devons poursuivre main dans la main – cela vaut pour mon pays, la France, et pour tant d’autres – cette longue marche vers la réconciliation des mémoires.

Une mémoire partagée, apaisée, nous arme contre le racisme, l’antisémitisme, les actes antimusulmans, antichrétiens, la xénophobie, la haine de l’autre, contre les préjugés et les discriminations – toutes ces formes odieuses d’intolérance qui continuent de nous emprisonner et d’empoisonner nos sociétés car elles sont autant de vexations, d’humiliations, de meurtrissures.

Je sais qu’il a fallu du temps pour reconnaître la réalité de l’esclavage. Je sais combien les silences, les non-dits ont pu peser sur les victimes et leurs descendants. Mais je sais aussi combien l’histoire de l’Afrique, ce n’est pas que l’histoire de l’esclavage, à laquelle on veut trop souvent la réduire. C’est bien plus que cela ! Et je sais que l’Afrique a en elle la force de s’affranchir de ce passé en faisant siennes les paroles de Frantz Fanon : « Je ne suis pas esclave de l’Esclavage. »

S’affranchir de son passé, ce n’est pas absoudre ceux qui ont pu commettre des crimes. Ce n’est pas oublier, bien au contraire ! S’affranchir du passé, c’est connaître l’histoire et être fier de ce que l’on est aujourd’hui, fier aussi du fait que de l’autre côté de l’Atlantique, une culture afro-américaine a fleuri, dans la musique, les arts, les lettres. Déracinée, elle s’est réinventée. C’est cette fameuse Harlem renaissance dont parlait Langston Hughes qui, par un effet miroir, inspira notamment Léopold Sédar Senghor dans l’affirmation de la négritude.

S’affranchir de son passé, c’est aussi se tourner avec enthousiasme vers l’avenir. Il ne s’agit pas tant de vivre dans l’idée d’une réparation – comme disait le grand poète martiniquais, descendant d’esclaves, Aimé Césaire, l’esclavage est « irréparable » – que de regarder vers demain, c’est-à-dire renforcer les liens entre nos deux continents, de part et d’autre de la Méditerranée.

C’est pour cela que je propose la création d’un « Erasmus euro-africain » – à qui il faudra trouver un nom – pour que les jeunes Africains et les jeunes Européens puissent venir étudier les uns chez les autres, se rencontrer, échanger, apprendre ensemble.

C’est pour cela aussi qu’il faut soutenir la jeunesse africaine qui entreprend, comme je l’ai fait en juin dernier, en recevant les 100 jeunes chefs d’entreprise lauréats de l’Institut Choiseul, issus de 44 pays africains, anglophones et francophones. Il reste tant à faire pour bâtir des ponts entre nos deux continents.

L’avenir de l’Afrique est plein de promesses. Elle est notre horizon. L’Afrique d’aujourd’hui et celle de demain, c’est une Afrique qui crée, qui innove.

L’Afrique n’est pas en train de se relever : elle est debout, fermement installée dans l’Histoire. Ma conviction, c’est que la France, et l’Europe doivent se tenir à ses côtés, pour bâtir ensemble le monde de demain. (source Le Monde / Le Monde Afrique

 

 

 

 

 

 

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