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L’être humain divisé… Donald Trump signe d’une dégénérescence accrue

L’être humain divisé… Donald Trump signe d’une dégénérescence accrue

Nous sommes des êtres intérieurement divisés. Heureusement, sinon nous serions des êtres intangibles sans liberté. Des énergies structurantes et dé-structurantes occupent notre for intérieur… Elles y sont inscrites dès notre naissance tout simplement par notre appartenance à la nature humaine. Ces énergies disponibles en nous ont montré au fil de l’histoire de l’humanité, leurs divisions, pour faire simple, entre paix et tension. Il suffit d’observer les cours de récréation des écoles, des collèges et lycées pour repérer cette dichotomie.

Mais, plus nous grandissons en autonomie et plus nous avons une part de liberté pour réduire l’impact de notre violence et pour élargir notre attention à nous même et à l’autre. Bien entendu, notre environnement proche a une part prépondérante, dans nos premières années de vie, pour nous aider à nous pacifier ou au contraire à entretenir et même à renforcer en nous nos énergies dé-structurantes.

Ceux que nous croisons, ont aussi leur responsabilité sur notre « à venir » en nous aidant à prendre conscience de ce que signifie porter du fruit pour l’humanité et à nous alerter sur nos dérives, sur nos égoïsmes avec leurs corollaires négatifs sur la société. Les récentes échéances électorales aux USA ont été révélatrices.

Tout fout le camp aurait sans doute dit ma grand-mère décédée avant ma naissance ! Ainsi, au-delà des limites d’Hillary Clinton, le vote pour Trump ouvre la porte à toutes les dérives en humanité. L’avantage avec ce phénomène de foire c’est qu’il n’est pas arrivé masqué. Et pourtant, des millions de bulletins se sont porté sur lui… Il est temps de creuser la citoyenneté des peuples et des acteurs politiques pour éviter des périodes à venir encore plus lugubres !

En effet, quel est l’homme que les Etats-Unis se sont choisis comme président ? Il a un ego à l’évidence hypertrophié. Le « moi, je » occupe tout son espace, encombre sa vue. Il ne voit que lui… Ceci explique son fonctionnement sans scrupule vis-à-vis des autres. Il s’autorise entre autre au « droit de cuissage » sur ses employées, à tenir des propos diffamatoires non étayés pour déstabiliser ses contradicteurs, à promettre la lune à des électeurs en souffrance sociale…

L’homme s’est déployé avec la fortune du père, accumulant quelques faillites, assumées par ses banquiers et l’Etat. Il se présente lui-même comme un génie des lois fiscales, lui permettant d’effacer ses dettes à bon compte ! Et il s’en glorifie se qualifiant dans ce domaine, de maître expert ! L’homme considère les femmes comme des « connes » attirées, selon lui, par ses performances et donc à disposition de ses envies de primate… Voilà en résumé, le futur président des USA, un avatar d’humain, de fait sans foi, ni morale, même pas citoyen !

On pourrait en rajouter, mais est-ce la peine ? Les retours immédiats des leaders de deux puissances autocratiques, la Russie et la Chine viennent apporter les « tampons » de confirmation… On avait jusque-là, grosso modo, des élus repérés comme véreux, assoiffés d’argent. Avec Trump, on a désormais, en sus, un « enfant gâté, se croyant tout permis avec un besoin dévoilé de toute jouissance.

Seul bémol, les Etats-Unis par rapport à la Chine et la Russie dis-posent de bornes constitutionnelles et institutionnelles. Par contre, les leaders russe et chinois ont une capacité stratégique bien supé-rieure car installée de longue date dans la suite des générations !

Pourquoi ce vote populaire qui renverse la table du bon sens ? On évoque la souffrance sociale, la répulsion d’Hillary Clinton… Certes… On a aussi un vote « religieux » non négligeable entre protestants, évangélistes et catholiques englobant le refus du mariage pour tous, l’homophobie, le refus de l’avortement, l’attachement aux valeurs morales… Et ils votent Trump pensant obtenir gain de cause, privilégiant ainsi leurs fermetures idéologiques au détriment du respect de la liberté de l’autre. Ils escamotent tous les effets négatifs induits, fragilisant ainsi le statut des plus fragiles au sein de la société américaine…

Au vu du socle des dysfonctionnements du personnage, il faut vraiment tomber dans une espérance irrationnelle pour mettre un bulletin dans l’urne au nom de Trump ! Ou alors chercher à mettre son pays dans un vrai bordel pour l’entrainer dans un suicide collectif. Avec l’espoir ainsi d’obtenir une revanche sur la vie… Sur le registre, puisque je souffre mille maux dont les autres sont bien sûr coupables, que je ne sois pas le seul à payer ! De fait nos enkystements idéologiques, nos habitudes de reporter la faute de notre mal-être sur les autres, nos échecs successifs, nos marginalisations progressives peuvent nous entraîner dans une forme de descente aux enfers…

Le seul remède appartient à une démarche sociétale. Dans un premier temps, il s’agit d’accueillir l’autre quel que soit son état puis de l’ouvrir à une espérance, à un futur possible. Avec, ensuite, la perspective de l’ouvrir à sa dimension d’humain citoyen… L’enjeu est considérable car, à force de marginaliser une partie de la population, celle-ci tient sa vengeance en mettant, par exemple, un Trump à la tête de la nation US. Une honte pour un pays considéré comme civilisé et aux responsabilités conséquentes à l’équilibre mondial.

Démocratie devrait rimer avec citoyenneté. Mais cela ne va pas forcément de soi. Elle nécessite en effet une formation tout au long de sa vie. Or, il y a de moins en moins de lieux et de temps disponibles où elle peut s’apprendre, se structurer, s’interpeller. Et, malheureusement, les espaces éducatifs, les lieux de réflexion collectifs ne savent guère sinon plus répondre à tels besoins essentiels… Concrètement, les écoles, les collèges, les lycées, l’enseignement supérieur mais aussi les partis politiques, les associations, les entreprises, les institutions ne savent plus transmettre les exigences de la citoyenneté.

Quand plus personne ne convoque à la citoyenneté, sauf exception, pour des dates historiques, on ne fait plus ce travail exigeant de transmettre les enjeux d’un comportement citoyen, des exigences d’une appartenance à un collectif quel qu’il soit.

Erdogan en Turquie peut passer d’une posture de républicain moderne à un comportement despotique sans coup férir et sans que l’Europe sans émeuve plus que ça, sauf s’il s’agit – par erreur – d’un journaliste français qui a pu goûter quelques heures aux maltraitances pour ne pas dire tortures de ceux qui sont embastillés sans preuve.

Il se montre désormais sous son vrai jour. Prisons pleines, tortures, déstabilisation de tous les contre-pouvoirs, retour accéléré à la peine de mort, quasi suppression de la liberté de la presse.

Toute la panoplie d’une dictature se met en place. Les comploteurs auraient été des centaines de milliers ; mis sous l’éteignoir en une journée. Vaste plaisanterie. Pauvre Turquie, pauvre population turque. Il s’agit de la dérive d’un mégalomane, entouré d’affidés apeurés et/ou profiteurs sinon tout simplement avides de violence. Là encore la jouissance d’une toute puissance efface l’être citoyen… Il est vrai que pour résister, il faut en avoir le courage et donc en assumer la prise de risque. Ils existent mais sont peu nombreux.

Devant l’échéance qui attend les Français, cherchons à repérer le candidat qui offrira le plus d’assurance à demeurer adossé aux valeurs de la citoyenneté et qui annoncera des temps difficiles au regard du contexte international. La France des lumières ne peut pas se donner à n’importe qui… Il faut un homme ou une femme « solide, lucide, mature, capable d’entraîner le peuple vers des solidarités courageuses » et non un(e) poltron(ne) sans envergure, autocentré(e) sur lui ou elle-même.

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