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Fin de vie et liberté

Fin de vie et liberté

On naît du désir, de l’inattention, voir d’une relation imposée entre un homme et une femme, parfois avec l’aide de la médecine… Quoiqu’il en soit nous n’avons pas l’initiative…
Et nos premiers mois de vie, voire même nos premières années, des fois plus, nous n’avons guère la possibilité de poser nos choix, nos actes…
Parfois même, il nous faut un thérapeute pour nous permettre d’émerger progressivement à nous même, de poser des actes libres, des initiatives qui relèvent de nos choix de vie…

Mais, précisément, la société garde une forme de reprise en main paradoxale en posant un cadre moral, voir religieux ou idéologique lorsque la fin approche… Nous perdons ce que nous avons eu beaucoup de mal à gagner ; notre liberté, notre responsabilité, notre capacité d’initiative…
Il y a là un carcan incohérent sous prétexte que la fin de vie instaurerait une fragilité, une faiblesse qui rend aux législateurs ou aux proches, le droit de nous imposer des procédures au nom de l’éthique, voir d’une morale ou d’une technicité médicale qui prétend allonger sans cesse nos durées de vie…

On gagnerait en cohérence à proposer à tout être humain en capacité de le faire (en pleine maturité) de poser par écrit ses choix pour l’heure de sa fin de vie à remettre à une personne apte à les recueillir.
On voit dans la dernière affaire qui s’éternise – L’affaire Lambert – que la parole de l’adulte, refusant une vie de grabataire n’est pas respectée !
Les parents tentent de reprendre leur emprise et d’imposer leur « toute puissance » au détriment du respect de la liberté de décision de leur fils et de son épouse… Ils font comme si celui-ci n’était pas sorti du cocon (carcan) familial et ne s’était pas désaliéné de celui-ci en épousant ! La mère affirme ainsi, que même au-delà de la mort, sa volonté s’impose… En se mariant, il aura eu au moins quelques dizaines d’années de vie libre !

Pourtant l’affaire Lambert n’aurait jamais du sortir de la décision du couple… Le fils marié n’appartient plus à ses parents mais à son épouse… Le choix du couple n’avait plus aucune raison d’être invalidé après la décision de la Cour européenne des Droits de l’homme.
Or, la mère dans sa « toute puissance maladive » finit par gagner avec l’allongement des délais insupportables qui va à l’encontre de la volonté exprimée du fils. Il est vrai en privé… Il n’avait sans doute pas envisagé que la pression idéologique de sa mère, dans son contexte actuel de « mort clinique ». Une majorité de ses frères et sœurs ont pourtant confirmé les propos d’un Vincent qui ne souhaitait pas demeurer “végétatif”…

Au-delà de cette affaire, Plus globalement, la médicalisation, l’hospitalisation ont pris le pas sur la fin de vie à domicile. Il faudrait, sinon revenir en arrière, du moins retrouver la possibilité de l’option de passer de vie à trépas au milieu des siens quand cela est désiré par la personne et par la famille, y compris avec un soutien médicalisé…
On ne peut attendre de la part d’une équipe hospitalière, une attention individualisée lorsqu’elle travaille sous pression. Y compris dans les équipes de soins palliatifs les mieux préparées, l’enchaînement des tâches, la tension sensible extrême oblige à se mettre à distance sous peine d’être en péril grave dans sa fonction professionnelle.
Retrouvons le bon sens naturel de la mort, en sortant les derniers instants de la vie de la technicité médicale.

A ce jour, alors que l’accident remonte au 29 septembre 2008, Vincent Lambert, contre son gré, « gît » toujours sur un lit d’hôpital, désormais à Strasbourg, maintenu en respiration artificielle ! Il est vrai que la mère a bénéficié de l’appui d’une partie du milieu hospitalier qui a refusé de prendre en compte la décision de la Cour Européenne des droits de l’homme… Quel est le coût global de ce maintien en survie végétative ? Il aurait pu être investi à bien meilleur compte pour permettre à milliers de nouveaux nés du quart monde, d’accéder aux soins pour s’ouvrir à la vie ! A l’évidence, Vincent Lambert n’aurait pas hésité s’il avait pu poser lui-même son choix… Mais, quand l’idéologie religieuse prédomine, elle peut être dévastatrice au profit de son pré-carré, de son enfermement au détriment de tout bon sens !

élie somot

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